Vrac de ma colère, pour la manifestation du 26 Mai

Il y a dans ce gouvernement quelque chose d’irrationnel.
Au fil de mes discussions je me suis rendu compte que les gens que je croisais croyaient en un mécanisme un peu magique, celui du libéralisme, qui ferait qu’en confiant tout au privé le système s’huilerait de lui-même et une auto-réparation s’opèrerait

Je n’écris pas ce message pour remettre en question le modèle général de production et de fonctionnement du couple capitalisme/libéralisme, je vais simplement parler des services publics et de nos institution. Le gouvernement croit dur comme fer (ou défaire) aux méthodes de management du privé, mais aussi et surtout au retrait progressif de l’état, sans doute plus largement de la décision démocratique, des entreprises. Ici je vais parler beaucoup du ferroviaire, de la santé, de l’école, la justice, l’énergie, etc.

Contre la sélection

Qu’est-ce que cette sélection contre laquelle s’indignent les étudiants et les lycéens ces derniers temps ?

Le manque de place et de moyen pour les universités a mené le gouvernement a établir une sélection à la fac. La sélection, tous les gouvernements de droite en rêvaient, Macron l’a fait. De quoi s’agit-il ? J’imagine que pour la plupart des gens, la sélection a un côté “privilégier l’élève méritant” etc. D’abord, j’ai beaucoup de mal avec la notion de mérite car le mérite ne résume pas, loin de là, à des résultats scolaire. Mais qu’importe. Loin de demander à définir se mérite, je ne vais pas tout remettre en question l’idée de mérite. Ce principe, on peut le discuter. Cela-dit, ce n’est même pas de ça dont il est question car même ça le gouvernement est incapable de le faire. En effet, dans les critères de classement de parcours sup il y a des choses aussi scandaleuses que floues. D’abord, le redoublement est, noir sur blanc, un malus. Vous êtes en terminale, 18 de moyenne, vous avez redoublé la première par exemple pour cause de maladie, PAF malus pris en compte. Ensuite les critères floues établis par les universités. On peut s’attendre à une sélection par l’établissement d’origine, par des choses aussi que des stages effectués à l’étranger par des adolescents gonflés à l’hélium par leurs parents depuis leur procréation
J’ajoute que le manque de moyen et de temps des universités les conduisent parfois à procéder par le tant détesté tirage au sort, tirage au sort qui rappelons-le ne représentait que l’an passé que 0.4% des bacheliers (car c’est l’excuse employée par le gouvernement pour justifier parcours sup, hein, quand même)
Bref, loin de régler des problèmes, parcours sup en crée de nouveaux.
Parcours sup n’est que le symptôme d’un plus gros problème, et ceux qui croient que les étudiants en lutte ne le savent pas se trompent. Les étudiants ne luttent pas pour un retour à APB, et si tout le monde ne s’accorde pas sur une solution idéale, tous constatent et s’opposent au manque de moyen et de places ainsi qu’à la privatisation des études (la mise en avant de licence privées) car quand le public se dégrade les vautours en profitent. À raison. Le système l’encourage.

Contre la privatisation

Il règne dans se pays une étrange folie, une fièvre qui ne quitte ni les médias ni celles et ceux qui prétendent nous représenter, l’idée que le privé ferait toujours mieux que le public. Non sens. C’est malheureusement faux dans les faits. Je comprends l’excitation autour du privé, tout d’abord autour des startups. On y voit la jeunesse, le dynamisme. Dans le public, il y a la lourdeur, les muscles fatigués et l’immobilisme. J’aimerais donc revenir sur ce prétendu dynamisme des startups. Je vais le dire, la majorité des startup ne servent à rien. Pourquoi ? Parce qu’elles sont conçues avec l’intérêt court-termiste du lucratif, tout de suite, maintenant. La plupart des startup que j’ai pu rencontrer vont tenter de vous vendre un produit moyen voire inutile et l’enduire d’une couche brillante pour prétendre que c’est LE projet de l’année qui va révolutionner le monde. Pourtant malgré tout, je crois profondément, dur comme fer, à l’initiative personnelle, car pour moi l’innovation vient du bas. Je peux croire aussi à l’Idée avec un grand I. Sauf lorsqu’elle ne vise que l’enrichissement. C’est majoritairement le cas.
Passé ma haine de l’image des jeunes startupers dynamiques qui risque de me faire passer pour un vieil aigri, j’aimerais revenir à la privatisation de nos services publics. Car il y a le marketing gouvernemental, et la réalité. Souvent les deux s’opposent. Mes connaissances en la matière sont encore trop faibles, seulement voilà comment je pense que les choses vont se passer.

Celles et ceux qui me connaissent savent que j’ai vécu en angleterre. L’angleterre a privatisé son équivalent de la SNCF. Vous avez sans doute entendu parler des conséquences. Train souvent en retard, augmentation des prix, etc. Lorsque j’étais dans la ville de Leicester, et je crois que c’est le cas partout, les compagnies de bus étaient aussi privées. Dans Leicester même il y avait 3 compagnies différentes. Les compagnies étaient incapables de s’entendre entre elles. Impossible d’établir le moindre itinéraire et il y avait énormément de zones non desservies. Le prix étaient en fonction de la distance. Le moins cher était à environ 2£ et à partir d’environ 5 minutes de trajets le prix augmentait, je ne me souviens plus des chiffres exacts. Les abonnements étaient tout simplement inaccessibles.

Je pars d’un exemple simple, mais l’exemple ne joue pas ici le rôle de preuve. Mais le service public des transports, chez nous la SNCF joue un rôle important dans la réduction des inégalités. Les lignes les plus rentables nourissent celles qui le sont moins. L’ensemble du réseau est pensé, réfléchi, du moins doit l’être. À aucun moment le privé n’a comme but cette réduction des inégalités. Non. Le but du privé est lucratif.

Bien souvent dans la liste des privatisations réussies j’entends parler de France Telecom. La privatisation a amené la concurrence qui aujourd’hui bénéficie au consommateur.

Je pense que cette affirmation est erronée et omet énormément de variable. Reprenons. En 1996 est votée une loi permettant l’ouverture à la concurrence de France Telecom en 98. Itinéris, ancêtre d’Orange pour la téléphonie mobile existait depuis 1992. Cependant, SFR existait aussi depuis 92 et Bouygues Telecom est arrivé en 96. Itinéris, dans le mobile, n’a donc JAMAIS vécu de période sans concurrence. Premier point. Maintenant, Internet. 1995, création de Wanadoo par France Telecom. De même, Cegetel (qui deviendra neuf cegetel puis SFR) a existé dès 1996, donc pareil, pas de point de comparaison car pas de concurrence. Ensuite j’aimerais ajouter que France Telecom même si bon, on a en tête un service public, est désormais une entreprise à but lucratif et point barre. Dividendes, etc. Du coup, dans ces conditions, oui, il faut de la concurrence. Pourquoi ? Parce que si on se retrouve, mettons, à tout hasard (hein) avec 3 entreprises ne se faisant plus concurrence mais ayant une entente implicite ou explicite sur les prix, là, on se retrouve avec une arnaque assez gigantesque. C’est ce qui est arrivé. Privatisation réussie ? Pas du tout. Privatisation qui a frôlé le fiasco et ouf, ça s’est finalement pas si mal placé… Jusqu’à ce que Free change de politique. Donc ici on voit que l’idéologie dominante s’attend à ce qu’il y est un Free partout, or pour l’instant… Tout semble les contredire.

Après je pourrais vous parler des privatisations d’Alcatel, Alstom, de Thomson, mais ce serait remuer le couteau dans la plaie. Sans parler des privatisations qui n’ont certes pas abouti à un démantèlement mais à la prise de pouvoir de riches déjà trop riches, au choix Total, la société générale et ses scandales, etc.

L’état français depuis les années 80-90 revend au moins offrant tous ses atouts. Sans la moindre perspective à long terme, le moindre PROJEEET. Aujourd’hui la SNCF n’est pas la seule concernée par le gouvernement Macron. En parfaite adéquation avec son idéologie qui ne pône pas la prise de recul, les barrages vont faire parti de la vague. Les hôpitaux sont de plus en plus sur le principe anglais de la médecine à deux vitesses (pour avoir fréquenté l’hôpital en angleterre, je peux vous le dire, tout sauf ça.) Les aéroports sont aussi revendus. La sécurité sociale disparaît au profit des mutuelles, elles aussi vecteurs d’inégalités. La promotion des licences et des écoles privées se font de plus en plus au détriment du public, et j’ajoute que c’est observable sans doute chez vous, cf la scolarisation des gens de ma propre famille. Pourquoi ? Le public ne fait plus le job. On diminue les moyens, progressivement, pour justifier une privatisation. Le public de piètre qualité n’est pas une fatalité, bien au contraire. Mais que veut-on : le privé est valorisant. Progressivement, lentement, tout est démantelé. L’idée que le sauveteur viendra du privé s’inscrit de plus en plus profondément dans nos esprits par une dénaturation du public, réduit à l’état de charité, comme aux états unis. Le public n’est pas charité. Il est égalité, par la qualité.

Progressisme et lutte contre les idées d’extrême droite

Les idées de l’extrême droite ne sont pas présente qu’au front national. Les Marvel, DC, Harry Potter ont eu tendance à lisser les idées fachistes en les incarnant dans des super-vilains, largement discernables et unanimement détestés. En France, le super-vilain c’est le FN. Aux états unis, il s’agit de Trump. Cependant, les partis politiques sont beaucoup plus poreux qu’on pourrait le croire à la haine frontiste. Bien sûr, il est important de balayer devant sa porte avec de regarder chez les autres et la gauche dont je fais partie a parfaitement conscience de l’existance de discriminations et de haine dans ses propres rangs. Notre travail de nous en débarasser dans nos propres rangs.
Mais.
Emmanuel Macron a été élu par l’anti-racisme, par le “tout sauf Le Pen”, tout sauf le mal absolu, discernable, reconnaissable. Cette élection a été marquée par un refus de la haine, et de l’amalgame. Pourtant au regard de l’actualité, je remarque que si le visage de Le Pen n’apparaît pas à la tête du gouvernement, ses idées sont par contre largement représentées. La loi asile immigration, tant décriée car à l’opposée de ce qu’il conviendrait de faire, n’est que le pâle symptome d’un mal plus profond. Ce mal s’est manifesté de manière plus virulante avec l’affaire Maryam. Résumé de l’affaire : une étudiante, présidente de l’UNEF Paris-IV apparaît munie d’un voile lors d’une interview accordée à M6. Souriante, l’étudiante parle alors des réformes engagées par le gouvernement. Publication de l’interview. Déferlement de haine de la part de l’extrême droite qui utilise la lutte féministe pour l’invectiver, la menacer de mort, de viol. Son numéro de téléphone est alors publié sur internet. Qu’attendre d’un gouvernement progressiste ? L’offuscation. La condamnation. On attend d’eux qu’ils défendent cette jeune femme qui représente la france multiculturelle, la réussite de la femme aussi puisqu’elle occupe un poste à responsabilités. Qu’en est-il ? L’inverse. Tout d’abord les médias, qui sans s’intéresser à ce que signifie réellement porter un voile parlent de soumission de la femme, de radicalité. Puis notre très cher ministre de l’intérieur, responsable de la répression des migrants, de la police, etc, qui directement en plus de cracher la même haine que les médias fait directement la connexion Voile = Daesh. Voilà Maryam dépeinte en terroriste. Par Marion Maréchal Le Pen ? Non. Par Gérard Collomb. Marlène Schiappa tombera à son tour dans la supercherie, dans l’absence de réflexion sur la question.
Les masques tombent, on comprend dès lors la politique du gouvernement à l’égard des migrants.
Ils s’offusquent dde voir une responsable politique musulmane. Les avions nous entendu s’offusquer lorsque Boutin était ministre ? Lors de l’élection de Valérie Pécresse ? Et Darmanin, notre cher ministre qui ne cache pas sa propre religion, est-il mieux placé ?
Pourtant, notre président face aux catholiques avaient multipliés les déclarations scandaleuses, les avaient brossés dans le sens du poil en montrant un rapprochement plus que suspect entre la république et l’Église.
On n’oubliera pas non le refus catégorique des récipissés lors des contrôles policiers dans la lutte contre les contrôles au faciès. Sérieusement, qu’est-ce que ça leur aurait fait d’accepter ça ? Ils y auraient perdus quoi, les macronistes ? Rien.

Ça donne le La. Permettez moi de le dire, le FN se frotte les mains. Car eux n’auraient jamais pu, faute de majorité, accomplir ce que le gouvernement a accompli. Pire encore, ils n’auraient pu lisser l’opinion comme le fait la majorité en faisant passer ces scandales pour des banalités.

Contre une idéologie (qui ne marche pas)

ça viendra plus tard, trop à dire 😛
Mais je pourrais dire que bien souvent, les réductions des coûts se font soit au détriment de la qualité, soit au détriment de l’employé. Qui rappelons-le fait parti du peuple. Le consommateur, c’est aussi le travailleur. Réduction du coût, fonctionnement à flux tendu… J’ai parlé des institutions, des services publics, mais j’ai rien dit sur les ordonnances Macron de Septembre et la destruction du code du travail. Comme quoi, c’est déjà oublié, tant le reste m’ébranle. Pourtant c’est primordial. La qualité de notre travail, l’assurance du lendemain sont primordiales. Ne pas se faire bousiller physiquement, mentalement, c’est au centre de tout. Pourtant, dans la précipitation, je n’en ai pas fait mention.

Voilà. Demain, manif.

Maryam, UNEF

Je lis les propos sur Maryam de Collomb, les propos de Schiappa, les propos de multiples personnalités connues dont des insoumis. Le monde ne tourne plus rond. J’ai voté contre le FN, il sort gagnant dans la plupart des partis politiques. J’ai honte pour eux.
Rappel : Collomb a été jusqu’à dire que porter le voile = faire le jihad. Ce mec est ministre de l’intérieur. Le Pen n’aurait pas osé dire ça.

Laurence Parisot qui sort la photo d’une militante de l’UNEF de 1974 en train de montrer ses seins pour commenter “bah donc avant c’était ça l’émancipation”(grossièrement). Alors, ex présidente du MEDEF, d’où sortez-vous de votre tanière pour commenter l’UNEF ? C’est de l’UNEF washing ? Les femmes doivent être Femen pour devenir présidente de l’UNEF ? Je soutiens les unes comme les autres. À quel moment on parle des revendications de Maryam ? Elle était là pour parler religion ou revendications des étudiants ? Elle était là pour parler de la reforme, et eux, voilà ce qu’ils en tirent. Ils profitent de la présence d’une musulmane qui n’est pas prête à ôter son voile comme d’autres ne souhaitent pas se dénuder pour avoir un poste à responsabilités, ils en profitent et se servent d’elle pour décrédibiliser le mouvement, et par là se décrédibilisent eux-mêmes. Traîtres à l’unique raison pour laquelle ils ont été élus : la lutte contre le racisme et le rejet de l’autre. Les étudiants qui ont voté pour Maryam ont vu en elle une digne représentante. Les autres crachent leur racisme à sa figure. Ignorant tout de la portée de leur haine, des menaces qu’elle subit d’être ainsi portée sur la scène publique pour le simple fait de porter un voile. D’oser ne pas se cacher.
Vous vous rappelez les anti-burkinis. Qu’empecher l’accès aux plages à ces femmes ne les ferait pas se dénuder, juste rentrer chez elle. C’est pareil ici. Ils se cachent derrière un prétendu progressisme dont ils seraient les seuls détenteurs, mais ces progressistes, ces anti-racistes, en quoi ça les dérange de voir une femme musulmane avec un poste à responsabilités ? Car je ne les ai vu critiquer que le voile. Juste son voile.

Honte à eux, honte à ces pourritures.

De déconstruction à reconstruction, récit d’une remise en question

Depuis quelques semaines, quelque chose me trotte en tête. Un sentiment que je peine à définir mais qui n’en est pas moins réel: celui d’avoir été trompé, manipulé, et surtout d’avoir nié par instinct de préservation chaque alerte, chaque indice qui aurait pu me mener à une remise en question.

Cet article ne va pas relater une déconstruction mais bien le point de départ d’une reconstruction.

Tout commence par une soudaine prise de distance. Tout d’abord, début Mars, je me suis déconnecté de Twitter, Facebook, Mastodon, bref, tous les réseaux qui, disons-le franchement, polluaient, emprisonnaient ma réflexion et ma pensée critique. Je ne dis pas que les réseaux en étaient la cause, juste qu’ils accentuaient une fâcheuse tendance que j’avais déjà en moi : celle de l’indignation irréfléchie et émotionnelle, propre à la gauche bien pensante, dans le fond pleine de bons sentiments mais en profond décalage avec ce qu’on attend de la raison.

La déconnexion soudaine laisse parfois comme un vide. Régulièrement, par réflexe, je rentrais l’adresse de twitter dans mon navigateur pour me rappeler ma résolution. S’en suivait un léger moment de suspend pendant lequel je me demandais que faire de mes dix doigts.

Le soir du 7 Mars, une vieille amie de passage sur Paris m’a contacté sur mon ancien mail de Prépa, heureusement redirigé vers ma boîte récente. Elle n’espérait pas véritablement de réponse, mais j’avais annoncé sur Facebook mon départ, il ne lui restait que ce biais pour discuter. Elle me proposait de la voir dès le lendemain, dans un bar parisien dont le nom n’a pas grand intérêt.
Ayant quitté le tumulte des internets, j’acceptais sa demande.

Elle me tendit un objet emballé. J’avais presqu’oublié que le 6 était mon anniversaire, elle y avait pensé. Ça me fit chaud au coeur, d’autant plus que je n’avais jamais réellement prêté attention à elle, bourré de préjugé que j’étais sur son énergie, sa droiture, jaloux de son courage et de l’assurance qu’elle avait à évoquer son mérite. Vertue qui jusque là m’était inconnue. Le cadeau était simple, sans fioriture, mais elle avait su me cerner.

La discussion commença par l’éternel “Que deviens-tu ?” que l’on place avec le sourire lorsque des années séparent la rencontre précédente, je résumai mon parcours scolaire et professionnel depuis 2011, elle me décrivit le sien : son double diplôme avec l’ENSAM et une école de management, son poste chez RoueMotrice, sa carrière, son déménagement aux USA.

“Tu sais, j’ai l’avantage d’être jeune. me dit-elle dit. J’enchaîne les heures mais c’est ce qu’il faut pour booster la boîte, des esprits dynamiques qui se donnent à fond. Mon argent, je ne l’ai pas volé.”

De seulement 20 employés au départ, l’entreprise de démarchage aux méthodes très demandées est vite grimpée à une centaine d’employés et fait rayonner la France à l’international.

“Mais rapidement on est arrivé au taquet. La France, c’est pas tellement un pays qui apprécie la réussite. Je crois en Macron, j’y crois réellement, il a cette volonté de libérer les énergies, mais regarde ce qu’il se prend dans la face ! Cette mentalité, ils vivent dans le passé, leurs symboles bien mignons mais en total décalage avec la réalité. Pour qu’une entreprise prenne son envol, il faut qu’elle se défasse de ses chaînes. Les taxes, les impôts, les charges sont comme des boulets à leurs pieds. On se sent en prison, dans ce pays. En prison pour quoi, juste avoir voulu bâtir un projet d’envergure internationale et créateur d’emplois.”

J’étais dans une phase d’incertitude. Tous les jours j’entends les discours d’experts télévisés qui pointent du doigt l’écrasement des entreprises, l’état qui vole les financiers pour arroser ses amis.

“Tu sais, aux USA, les gens perdent leur boulot, ils restent pas les bras ballants à pleurer sur leur sort. Immédiatement, ils redémarrent la machine, multiplient les jobs car ils savent que c’est important, c’est dans leur éducation. En France, tout est fait pour que tu restes devant ta TV à ne rien faire que commenter. Ma chance, c’est d’aimer travailler, mes parents m’ont toujours poussé à faire valoir mes qualités, aller de l’avant. L’avenir est radieux quand tu saisis les opportunités. La France, elle, elle ne reconnait pas le risque que tu prends à être premier de cordée. Tu portes tout sur tes épaules, sans toi la boîte n’est rien, le pays n’est rien, et tu dois en plus subir la haine de tes salariés glandeurs et des politiciens qui font tout pour te mettre des bâtons dans les roues. J’aimerais les y voir. Un salarié, ça se remplace. T’en jarte un, un millier veut prendre sa place. Patron, financier qui va savoir où investir, c’est pas faisable par tout le monde. Mais qu’est-ce que tu veux, nous, on encaisse, on dit rien, on ne se plaint pas. Pourquoi ? Parce qu’on reconnait la valeur de la démocratie. Mais il ne faut pas s’étonner de nous voir partir, ou investir dans des pays qui savent reconnaître le mérite. Tu sais, je connais une femme près de Seattle, elle est employée dans une grande surface de jour, le soir elle travaille au burger king, et le weekend elle bosse au noir pour faire des ménages. Jamais elle se plaint. Pas de couverture médicale, parce que jamais malade. Et oui, le travail, c’est la santé. Les français devraient se poser des questions. Être toujours dans la revendication, le “moijeveux”, c’est ça qui les rend malade. Elle, elle a du courage. Le français travaille pas 35h, il geint au moindre bobo, les seules fois où il lève son ventre de son canapé c’est pour faire la fête dans les rues en jouant au révolutionnaire.”

Elle soupira.

“Je gagne 70k, mais tu sais là-bas, c’est que dalle. Je débute, donc je me plains pas.”

L’entrevue dura 2h, elle me quitta pour aller rejoindre sa mère en dernière partie de soirée. Le lendemain, elle reprenait l’avion. Telle une graine sa vision germa avec le temps. Je vis de plus en plus ce négativisme ambiant, ces énergies négatives qui écrasent les gens honnêtes, les bâtisseurs, les faiseurs d’emplois qui a eux seuls sont le moteur met la république en marche.

Alors, soyez disruptifs.

AOSP Apps

Une fois n’est pas coutume, un chouya d’informatique (pas de quoi en faire un site différent)
Je viens de builder quelques applications d’android AOSP (plutôt Lineage en l’occurrence mais Lineage n’a pas apporté beaucoup de modifications) car mon téléphone ne les a pas dans son système d’origine
Pour une compatibilité accrue, j’ai changé les noms de packages en com.spisoft.aosp.*

Appli email

Télécharger:
Email.apk

Keyboard AOSP

Télécharger:
LatinIME-signed.apk

Instructions de build:

/!\ Attention cela nécessite de télécharger tout Lineage (variante d’android) et de compiler l’ensemble. Il y a sans doute plus simple mais je retrace exactement les étapes que j’ai suivies. L’idée étant qu’initialement, je m’étais buildé une rom lineage

OS : Ubuntu 16.04 AMD64

Les dépendances

sudo apt install git openjdk-8-jdk git-core gnupg flex bison gperf build-essential zip curl zlib1g-dev gcc-multilib g++-multilib libc6-dev-i386 lib32ncurses5-dev x11proto-core-dev libx11-dev lib32z-dev ccache libgl1-mesa-dev libxml2-utils xsltproc unzip

Là vous allez avoir besoin de place, beaucoup de place, dans le doute comptez 100go pour le sync et le build


cd where-ever-you-want-to-download-lineage
repo init -u git://github.com/LineageOS/android.git -b cm-14.1
repo sync

Devrait mettre du temps. Moment idéal pour ranger l’appartement, repeindre la cuisine, renverser le gouvernement.

Ensuite


cd Lineage
. build/envsetup.sh
breakfast manta

On démarre le build

brunch manta

manta étant la référence d’un device lambda, attention une rom Lineage complète sera générée à la suite de ça. Rom dont on n’a pas besoin intégralement.

Bonne nuit. C’est plus long que le démarrage de Windows 7.

C’est fini ? Pas d’erreur ?
Menteurs.

Bien des machines ne supportent pas le build la première fois, souvent dû à un manque de ram. Googlez votre erreur. Fréquemment, un certain Jack fait des siennes

Là, c’est bon ?

Email

Ok, donc on va re-builder l’appli mail comme promis, avec un nouveau nom de package


cd packages/apps/Email

Tout d’abord, on modifie les fichiers (remplacez votre-nouveau-package par votre nom de package)

find . -type f | xargs sed -i 's/com\.android\.emailcommon/com.android.emtailcommon/g' &&
find . -type f | xargs sed -i 's/com\.android\.email/votre-nouveau-package/g' &&
find . -type f | xargs sed -i 's/com\.android\.emtailcommon/com.android.emailcommon/g'

Navré, je suis une merde en regex donc j’ai été contraint de faire ça. La première et la dernière ligne sont pour éviter de modifier les com.android.emailcommon. C’est sale. Ça marche. C’est à mon image.

Ensuite, on doit déplacer deux trois dossiers

cd src/com/android

Vous avez deux dossiers : Email et Email2
Ces deux dossiers devront être déplacés selon votre nom de package
Exemple avec mon propre cas

Package originel étant com.android.email
Le nouveau étant com.spisoft.aosp.email
Les dossiers
src/com/android/email et src/com/android/email2
ont dû être déplacés dans
src/com/spisoft/aosp
ce qui donne
src/com/spisoft/aosp/email et src/com/spisoft/aosp/email2

Pour finir, ouvrez Android.mk, trouvez les lignes commençant par LOCAL_SRC_FILES et ajoutez
LOCAL_SRC_FILES += $(call all-java-files-under, src/com/spisoft/aosp)

en remplaçant spisoft/aosp par vos propres dossiers

Puis, dernière étape
mma

L’apk final sera dans
out/target/product/manta/system/app/Email

Keyboard

In English now because la flemme de préparer la future version bilangue

First change package name in manifest:

sed -i 's/package="com\.android/package="com.spisoft.aosp/g' java/AndroidManifest.xml
then fix manifest references

sed -i 's/="\./="com.android.inputmethod.latin./g' java/AndroidManifest.xml
sed -i 's/="LatinIME/="com.android.inputmethod.latin.LatinIME/g' java/AndroidManifest.xml

fix resources

find . -type f | xargs sed -i 's/apk\/res\/com\.android\.inputmethod\.latin/apk\/res\/com.spisoft.aosp.inputmethod.latin/g'

fix provider

find . -type f | xargs sed -i 's/>com\.android\.inputmethod\.dictionarypack\.aosp</>com.spisoft.aosp.inputmethod.dictionarypack.aosp</g'
cd ../java-overridable
find . -type f | xargs sed -i 's/"com\.android\.inputmethod\.dictionarypack\.aosp"/"com.spisoft.aosp.inputmethod.dictionarypack.aosp"/g'

Ready to build !

cd ..
mma

Treaky part, integrate native libs, otherwise dictionnary is cabum

You will need to resign the apk, so be careful to have a keystore apk-signer etc

cd lineage-root-folder
mkdir out/target/product/manta/system/app/LatinIME/libs/armeabi-v7a
cp out/target/product/manta/system/lib/libjni_latinime.so out/target/product/manta/system/app/LatinIME/
cd out/target/product/manta/system/app/LatinIM

add the library

aapt add LatinIME.apk libs/armeabi-v7a/libjni_latinime.so

resign

apksigner sign --ks keystore --out LatinIME-signed.apk --ks-key-alias keyalias LatinIME.apk

And install LatinIME-signed.apk

Enjoy

EDIT 16/03 : ajout du clavier AOSP

Tandis que j’appelle à renverser le gouvernement


J’aimerais me hisser et m’extirper loin du vacarme, du tintamarre. Je scande des slogans, les propos sont soignés, et, dans la meute avançant, un parmi tant, j’attends que se détournent les regards pour lever les yeux au ciel; j’aimerais qu’on me pèche, qu’on m’indique ma place, je la sais bien loin du tumulte, dans ces zones nuageuses. Je rêve d’être béat. Silencieux. Délesté. (Ma chair aspire au bien être, elle m’est inconfortable et sitôt que l’esprit fuit, elle le rappelle à l’ordre, le plaque et le bâillonne.)  Me fondre et disparaître ou me laisser couler, submerger, sans crainte. Je rêve parfois de vieux jours bavant et hors de tout, l’oeil dilaté, le proche aussi flou que l’horizon. Il est si aisé de s’écrouler, une fois au sol, l’inertie rigidifie le corps, qu’importe la stature. (Je suis comme ces passants qui détournent leurs yeux, honteux de voir chez l’autre qui gît l’humanité semblable, celle qui ronge la corde qu’ils s’efforcent de suivre, par habitude, parce que pas le choix, c’est ça ou rien.)

LîvreE

 

Nadine avait appelé le matin même, pour l’aider à déblayer l’appartement de son frère.
“Tu sais Émilien était fou, vers la fin. Il accumulait un bazar monstrueux, regarde moi l’état de ses bouquins”
Elle tira au hasard un livre.
“Histoire de l’individualisme”
Sur la couverture était griffonné à la main le mot “LîvreE” avec un accent et deux e. Elle était parsemée de petits trous, comme s’il l’avait attaquée à coups de compas.

“Aucun sens, regarde. À croire qu’il ne savait même plus écrire. Il était brillant, pourtant.”
Elle souriait.

“Le pire, c’est que personne ne savait qu’il était mort. On l’a découvert au bout de trois semaines”
Elle agita sa main devant son nez pour indiquer une mauvaise odeur.
“Ici”
Elle me montra la salle de bain
“Il a sans doute fait un arrêt cardiaque dans son bain et a tenté de sortir”
La baignoire était sale comme le reste de la pièce, sous cette même couche de poussière qui enveloppait les livres.
“J’ai toujours dit qu’il lui fallait une femme. Quand ma mère est morte, j’ai pas eu le courage de l’assumer. Il lui fallait une femme, c’était pas mon boulot ”
Bruit de verre brisé.
“Meeerde”
Le grand miroir de l’entrée était tombé
“Enfin, c’était de la camelote. Le miroir de sa chambre d’ado, il l’avait repris à la mort de la mère.”

“Bon, tout n’est pas perdu. Va falloir tout nettoyer. On va mettre ses bouquins en brocante. Et puis, reste la Twingo. Christophe pense en tirer 1500€, il va la descendre sur Marseille. Il roulait pas sur l’or. RSA depuis des années !”
Je glissai discrètement le livre dans mon sac.

Je râle, je peste

Dans mes artères s’écoule une grande violence. De celles qui font trembler les membres et serrer les dents. Celles qui condamnent la raison au supplice du mutisme. Je crois que je hais, un peu, chaque jour, et comme je hais, je n’estime plus autrui, comme je hais, toute humanité à l’arrêt, le pied brisé, j’aimerais me laisser aller, m’oublier pour mieux aimer, finalement.

(Je veux tant retrouver un peu de ma douceur inconditionnelle.)

Il y a dans le calme des machines éteintes la rémanence de leur souffle chaud, celui d’avoir bien lutté, et l’écho lointain de ces voix qui s’élèvent contre tout, le fantôme du grabuge qui hante ma propre chambre.

Ma tête tourne parfois, quand je sais plus où regarder, mes yeux cherchent où se poser, le reste reste flou. J’ai peur. J’ai peur des rues larges et désertes, peur des chemins escarpées, du vide et du plat.

(« L‘érosion grignote les monts » voilà une métaphore exagérée, faussement bien trouvée mais qui ne trompe pas, puisqu’entendue, elle et ses semblables, bien trop de fois, à en laisser derrière elle le goût amer du prémâché, de la « bonne » idée )

À chaud : Clémentine Autain, Aphatie et l’ALBA

Ce midi, j’ai vu passer une critique contre Clémentine Autain qui manifestement ne connaissait pas le point 62 du programme L’Avenir en Commun. Aphatie, fier de son effet Julien Lepers a été ravi de la prendre en défaut, et l’information a été relayée par de nombreux militants pour dénoncer le rouge-coco-Mélenchon.
Le point 62 du programme est au sujet de la coopération internationale, et le passage soulevé par Aphati est celui-ci : “Instaurer une politique de codéveloppement avec l’Amérique latine et les Caraïbes en adhérant à l’ALBA”

 

 

D’abord quelques faites:

La France fait déjà partie de l’AEC,  qui contient déjà les pays dénoncés par les journalistes qui soient manques de sincérité soit sont peu informés.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_des_%C3%89tats_de_la_Cara%C3%AFbe

Et vous trouverez aussi ici un article qui montre Hamon le rouge communiste en train de signer un accord commercial avec le Venezuela (bizarrement ils n’en parlent pas)

http://www.liberation.fr/futurs/2012/11/26/le-venezuela-promet-hamon-et-merveilles-aux-entreprises-francaises_863249

Le fait est que, sur le papier, je trouve que ça sonne bien.

Qu’est-ce que l’ALBA ? C’est une alliance entre les pays d’Amérique latine qui se donne comme but le suivant

“L’idée consiste bien à proposer une autre démarche, afin de reconstuire les relations entre pays qui ne soient pas centrées sur le commerce, mais sur les principes de solidarité, coopération, complémentarités et réciprocité.”
site de Sciences Po.fr, http://www.sciencespo.fr/opalc/content/alba
“Le 14 décembre 2004, un premier accord de coopération est signé entre Cuba et le Venezuela, accompagné le 28 avril 2005 par un plan d’action. L’accord porte sur la complémentarité productive, les transferts de technologie, l’alphabétisation, le commerce et la culture. Cuba s’engage à envoyer 15000 médecins au Venezuela pour aider le gouvernement à mettre en oeuvre sa mission “Barrio adentro”, en échange de quoi le Venezuela offre des facilités de paiement pour son pétrole.”
site de Sciences Po.fr, http://www.sciencespo.fr/opalc/content/alba
“Le 29 avril 2006, la Bolivie adhère à l’ALBA et signent avec les deux autres membres un Traité de commerce pour les peuples (TCP). Le TCP est centré sur les problèmes sociaux, notamment la réduction de la pauvreté et l’alphabétisation.

site de Sciences Po.fr, http://www.sciencespo.fr/opalc/content/alba

“Sur le plan économique, l’ALBA vise à favoriser la logique coopérative plutôt que la création d’une zone de libre-échange avec les États-Unis, qui passe par un abaissement des droits de douane, voire leur suppression. Elle s’oppose ainsi directement au « consensus de Washington » qui prônait dans les années 1990 la déréglementation et la mise en place de mesures néolibérales. Plutôt que d’ordonner des privatisations, l’ALBA favorise au contraire le secteur public
Le Venezuela peut compter sur ses ressources pétrolières pour convaincre certains États de la région, énergétiquement dépendants. L’ALBA ambitionne par exemple de créer une compagnie pétrolière commune, Petrosur, une équivalente à l’échelle de l’Amérique latine de PetroCaribe, qui regroupe des États membres du CARICOM. Outre Petrosur, Tele Sur, une télévision transcontinentale latino-américaine, a été lancée en 2005, afin de concurrencer les chaînes CNN et ABC. Le capital de TeleSUR est réparti entre le Venezuela, l’Argentine, Cuba, l’Uruguay et la Bolivie (dans l’ordre d’importance).
La coopération bolivarienne s’exprime dans de nombreux domaines :
Santé : L’opération Miracle, lancée par Cuba et le Venezuela en 2004, a permis à plus de deux millions de pauvres d’Amérique latine et du reste du monde de retrouver la vue gratuitement. Le cas emblématique de cette opération fut la guérison de l’assassin de Che Guevara, l’ancien sous-officier à la retraite Mario Terán, par les médecins cubains.
Agroalimentaire : Mise en place du programme d’Augmentation de la production agroalimentaire : financement de pays des Caraïbes, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud pour des projets agroalimentaires favorisant la sécurité alimentaire.
Culture : Création du Fonds culturel ALBA-Maisons de l’ALBA. Les œuvres les plus représentatives de la littérature latino-américaine y ont été publiées, de même que des classiques : L’âge d’or de José Marti, Caliban de Roberto Fernandez Retamar, ou encore Bolivar : penseur précurseur de l’anti-impérialisme de Francisco Pividal.
Selon Fernand Rojas, vice-ministre cubain de la Culture, le programme de l’ALBA « privilégie les valeurs spirituelles plutôt que l’appât du gain ». Une attention toute spéciale est accordée aux projets émanant des populations autochtones.
Défense des droits de la Terre-Mère : Soutien ferme au Sommet mondial des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre-Mère de Cochabamba, à la suite de la conférence des Nations unies de Copenhague, perçue comme un échec par les États bolivariens.”
Wikipedia
Je ne connais pas énormément les pays d’Amérique Latine et je comprends qu’on dise que leurs régimes sont discutables. Mais Aphatie reproche cela parce que la Russie et l’Iran y sont en tant que pays observateurs. Or, un pays observateur est par définition un pays n’ayant strictement aucun pouvoir décisionnel.
Jean-Michel Aphatie est un journaliste que je n’aime pas et je me méfie énormément de son discours. Son but est de mettre en défaut pour provoquer du buzz. Le fait est qu’en discutant sur un point que Clémentine Autain ne connait pas, et donc sur lequel elle ne peut se défendre, Aphatie sort glorieux car c’est le but de son jeu. Voilà ce qui me pousse à me méfier.

Si vous avez d’autres information, merci de me spammer en commentaire 😉

À chaud : Image figée

 

Image publiée en une par le journal Libération du Jeudi 6 Avril 2017

Il y a dans ces images un bruit sourd, assommant. Comme celui qui suit la mort mais précède sanglots et colère. Celui qui nous laisse vide, le regard fixe, quand la conscience se tait, quand on se retrouve vidé de toute substance face à l‘inimaginable.
Depuis le début de ce conflit, de nombreuses images m‘ont coupé le souffle

Un tas d‘enfants. Un tas d‘enfants. C‘est un « tas d‘enfants ».

Quand le corps n‘abrite plus la vie, il devient effrayant. Quand il n‘est plus que matière, on se retrouve face à l‘impossible, l‘incompréhensible. Quand c‘est celui d‘un enfant. Bordel, comment penser le corps sans vie d‘un enfant ? Comment penser qu‘hier encore, il avait la vie devant lui ? Cette vie injustement volée à ces immortels, qui auraient dû vivre une courte éternité.

Quel frisson d‘effroi et de rage quand je découvre encore la réalité du massacre syriens, chaque jour plus violent, chaque jour plus ignoble.
La mort, d’un souffle glacial, éteint, fige l’instant, comme l’image sur le papier glacé.